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Jazz à Juan, Nice Jazz Festival : le calendrier des festivals de la Côte

Avatar de Aurélien Brizzi

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Il y a des étés où l’on croit connaître la Côte d’Azur, et puis on tombe un soir sur une scène installée sous les pins, avec un public assis en tailleur sur l’herbe et une contrebasse qui résonne jusqu’aux voitures garées plus loin. C’est ça, l’été musical niçois : une succession de rendez-vous qui se chevauchent, se répondent, et qu’il vaut mieux caler à l’avance si on ne veut pas courir après les billets en juillet.

Jazz à Juan, le doyen qui a tout lancé

Jazz à Juan n’est pas un festival parmi d’autres sur cette côte : c’est celui qui a donné le ton à tous les autres, dès la fin des années 1950, dans le décor très particulier de la Pinède Gould à Juan-les-Pins. On y a vu jouer des légendes du jazz mondial, dans un cadre où les pins parasols font office de plafond naturel et où l’acoustique, contre toute attente, se révèle remarquable. Le festival a longtemps cultivé cette image d’écrin intime, loin des très grandes scènes, où l’on vient autant pour l’ambiance que pour la programmation.

L’histoire du lieu compte pour beaucoup dans l’attachement que lui portent les habitués. Comme le rappelle l’office du festival Jazz à Juan, la Pinède Gould a été pensée dès l’origine comme un espace où la musique et la nature dialoguent, ce qui explique pourquoi le festival n’a jamais voulu s’en éloigner :

« La Pinède Gould, avec ses pins centenaires face à la mer, offre un cadre acoustique et visuel exceptionnel qui a façonné l’identité de Jazz à Juan depuis sa création. »

Concrètement, pour un premier festival en famille ou entre amis, mieux vaut arriver tôt : les meilleures places au sol partent vite, et l’ambiance change du tout au tout selon qu’on est installé près de la scène ou en fond de pinède.

Le Nice Jazz Festival, l’autre géant de l’été

À quelques kilomètres de là, le Nice Jazz Festival a pris ses quartiers en centre-ville, dans un format plus urbain, avec plusieurs scènes réparties sur les jardins et les places du cœur de Nice. La proximité immédiate avec les transports et les hôtels en fait un rendez-vous plus accessible pour qui vient sans voiture, contrairement à Jazz à Juan qui demande de s’organiser un peu plus pour rejoindre Juan-les-Pins.

La programmation y a beaucoup évolué au fil des décennies, s’ouvrant à des esthétiques voisines du jazz pur, ce qui déplaît parfois aux puristes mais attire un public plus large, notamment familial en journée. C’est aussi l’occasion, pour beaucoup de jeunes musiciens amateurs de la région, de venir observer de près une scène professionnelle avant de remonter eux-mêmes sur les kiosques de quartier.

Le Théâtre de Verdure, la salle à ciel ouvert

Moins connu des visiteurs de passage, le Théâtre de Verdure de Nice, niché dans les jardins Albert-Ier en plein centre-ville, accueille tout au long de l’été des concerts à taille plus humaine que les grandes scènes des festivals voisins. On y vient souvent en dernière minute, sur un coup de tête, parce que le programme change chaque semaine et que les tarifs restent nettement plus abordables que ceux des grands rendez-vous. C’est aussi un lieu apprécié des ensembles amateurs niçois, qui y trouvent parfois une scène pour une soirée ponctuelle en marge des grands festivals.

Le Crossover Festival, la carte des musiques actuelles

Pour ceux que le jazz pur intéresse moins, le Crossover Festival occupe une autre niche sur la Côte, à la croisée des musiques électroniques, du rock et des scènes émergentes. Il complète utilement le calendrier estival pour les familles dont les adolescents cherchent une programmation plus contemporaine que celle des scènes historiques. La logique reste la même : réserver tôt, surveiller les annonces de programmation dès le printemps, et ne pas hésiter à mixer plusieurs festivals sur une même semaine, tant les dates s’enchaînent souvent sans grand écart.

Ce que coûte vraiment une soirée de festival

Les budgets varient énormément d’un rendez-vous à l’autre. Une soirée au Théâtre de Verdure reste souvent accessible pour une vingtaine d’euros, quand une place assise pour une grande tête d’affiche à Jazz à Juan ou au Nice Jazz Festival peut grimper largement au-delà. Le Crossover Festival se situe généralement entre les deux, avec des formules pass qui deviennent rentables dès qu’on prévoit d’assister à plusieurs concerts sur la durée de l’événement.

Un bon réflexe pour limiter la note sans renoncer à l’expérience : cibler une ou deux soirées fortes sur les grands festivals payants, et compléter son été musical avec la programmation gratuite ou à petit prix du Théâtre de Verdure, qui change chaque semaine et permet de découvrir des artistes moins connus dans un cadre tout aussi agréable.

Comment construire son calendrier d’été

La méthode la plus simple consiste à partir de la fin juin, période où le Nice Jazz Festival ouvre généralement le bal, avant que Jazz à Juan ne prenne le relais en juillet dans la Pinède Gould. Le Théâtre de Verdure, lui, propose une programmation étalée sur toute la belle saison, sans pic particulier, ce qui en fait une valeur sûre pour combler les semaines creuses entre deux grands rendez-vous. Le Crossover Festival vient généralement clore ou ponctuer cet enchaînement, selon les années.

Un conseil qui vaut pour tous ces rendez-vous : vérifier systématiquement les conditions d’accès avec de jeunes enfants, certaines soirées commençant tard et le format debout n’étant pas toujours adapté aux plus petits. Les familles qui cherchent des activités mieux calibrées pour les enfants trouveront des pistes complémentaires dans notre rubrique Famille & Enfants. Et pour ceux qui veulent prolonger l’expérience au-delà de l’écoute, en pratiquant eux-mêmes un instrument, notre rubrique Jeunesse & Éducation détaille les pistes d’apprentissage disponibles à Nice.

Le mot de la fin, sur la Pinède

Ce qui frappe, année après année, c’est la fidélité d’un public qui revient moins pour telle ou telle tête d’affiche que pour l’expérience elle-même : s’asseoir sous les pins, sentir l’air du soir descendre sur la baie, et laisser la musique faire le reste. C’est peut-être ce qui distingue vraiment ces festivals azuréens des grandes scènes standardisées qu’on trouve ailleurs : ici, le décor fait partie du concert.


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